Histoire de l'arc

 

 

 

 

      Préhistoire

    L'homme préhistorique lançait une sagaie avec sa seule force musculaire. La portée de cette sagaie était limitée à une vingtaine de mètres.

    Le propulseur est une invention avérée dès 20 000 ans avant J.-C. Ce système permet de démultiplier l'énergie musculaire.

    On peut considérer le propulseur comme avant invention de l'arc. La sagaie du propulseur était améliorée à l'aide d'un empennage de 2, 3 ou 4 plumes, d'une encoche en forme de trou conique et d'une pointe en bois de renne ou en silex. Elle ressemblait donc à nos flèches actuelles, bien que plus longue.

    Le propulseur permet de tripler les distances de la sagaie, avec une précision excellente.

    Il est probable que le propulseur ait cohabité longtemps avec l'arc vers 10 000 ans avant J.-C..

     

    Les premières pointes de flèches sont datées de plus de 50 000 ans (trouvées à Bir-el-Ater, en Algérie dans la région de Tebessa, près de la frontière tunisienne - civilisation atérienne). L'arc pourrait donc bien dater de cette époque

    Les premières traces d'un arc remontent au mésolitique (plus de 10 000 ans). Les essences utilisées étaient l'if, l'orme, le frêne.

    Cependant, un fragment de pin d'un arc supposé de 110 cm, 25-30 livres, à été trouvé à Mannheim en Allemagne et date du Magdalénien (plus de 17 000 ans, soit l'âge de pierre).

    Ce serait donc l'arc le plus vieux du monde. Voir l'article.

     

 

    Des pointes en silex découverte dans la grotte de Parpallo, en Espagne, datant de 17 000av. J.-C. confirment l'existence de l'arc à cette époque (Museum de préhistoire et de la culture , Valence.)

    http://paleosite.free.fr/

    Tassili en Afrique, au cœur du Sahara qui était verdoyant et boisé il y a 5 à 8 000 ans, des archers ont peint de magnifiques fresques sur de nombreux sites (Tin Tazarift, Sefar, etc).

    L'homme d'ÖTZI a été découvert momifié à 3200 mètres d'altitude sur la frontière entre l'Italie et l'Autriche. Il vivait vers 3200 avant JC.

    Son autopsie a révélé qu'il est mort à la suite d'une blessure par flèche dans le dos puisqu'on a retrouvé une pointe de silex.

    Il a été découvert avec un arc de 1,82m en if, un carquois et une douzaine de flèches avec des pointes en silex et un kit pour réparer ses flèches.

 

      Grèce antique - Mythologie

    Cupidon (Eros) est le dieu de l'amour dans la mythologie grecque. Lorsque ses flèches d'or frappent les coeurs, le désir et l'amour envahissent les amoureux.

    Apollon, dieu archer grec de la beauté, de la raison, des arts (musique et poésie),de la purification et de la guérison. Il peut apporter la peste avec son arc.

    Artémis (Diane pour les romains), sœur jumelle d'Apollon et archère. Elle tuait les femmes avec ses flèches d'argent. C'est la déesse de la chasse et de la lune.

    Héraclès était un bon archer de la mythologie. Avec ses flèches, il essaya de tuer le lion de Némée. Mais l'animal était invulnérable, sa peau était si dure qu'aucune flèche ne pouvait l'entamer.

    Ulysse lorsqu'il rentrait de son voyage qui avait duré 20 ans était déguisé en mendiant. Il alla trouver Pénélope, sans se faire reconnaître, voulant savoir si elle lui était restée fidèle. Pénélope avait beaucoup de prétendants. Elle avait accepté de prendre pour époux celui qui serait capable de tendre l'arc d'Ulysse. La première compétition était née. Aucun des hommes n'y parvint. Seul Ulysse put tirer. Il commença, aidé de Télémaque, son fils à massacrer les prétendants. Puis il se fit reconnaître de Pénélope

    Dans les mythes entourant la guerre de Troie, Achille mourut d'une blessure au talon infligé par une flèche tirée par Pâris.

    D'après une légende plus tardive, la mère d'Achille la déesse Thétis, avait plongé Achille enfant dans le fleuve Styx, le tenant par le talon. Il devint ainsi invulnérable partout où l'eau avait été en contact avec sa peau, c’est-à-dire partout... sauf son talon.

      Amazones

    Les Amazones sont une légende. C'était un groupe de femmes guerrières vivant dans le Caucase et en Asie mineure. Le nom amazone signifie "privée de mamelle". 

    On pensait qu'elles tiraient mieux à l'arc avec un sein en moins. Leur arc était en bronze.

 

        Saint Sébastien

    Saint Sébastien naît en France, à Narbonne vers l'année 260, de parents chrétiens. Son père est noble et sa mère vient de Milan. Sébastien sera élevé plus tard à Milan où ses parents se sont installés.

    Sébastien choisit, une fois adulte, de devenir archer dans une des nombreuses compagnies romaines. Il devient capitaine. Mais les chrétiens sont persécutés par Rome. L'empereur Dioclétien apprend la religion de son capitaine en 288 et lui demande d'abjurer sa foi. Sébastien refuse et est condamné à être criblé de flèches par les archers de sa propre compagnie. Il est attaché à un arbre ou à une colonne. Mais ceux-ci, très liés à leur capitaine, prennent soin de ne pas viser des organes vitaux pour lui laisser une chance.

    Laissé pour mort par ses archers, la veuve du Saint martyr Catulle, Irène, venant pour donner à Sébastien une sépulture décente, s'aperçoit qu'il respire encore. Irène le soigne et Sébastien guérit totalement.

    Deux ans plus tard, le 20 janvier 290, Sébastien va voir l'empereur Dioclétien afin de lui demander des comptes. Mais l'empereur, énervé le fait assomer à coups de massue et le fait jeter dans les égoûts de Rome. Saint Sébastien est bien mort ce 20 janvier 290.

    Une femme catholique du nom de Lucile le fait enterrer dans les catacombes, sous la voie Appia. Une église sera construite sur son tombeau.

    Le Pape Eugène II confie le soins à des archers de la Compagnie de Soisson, vers 826, le transfert de ses reliques dans l'abbaye royale de Saint Médard, à Soissons.

    En 471, la première Compagnie de Soissons fut créée par Saint Prince, évêque de Soissons. Elle était la gardienne des reliques de Saint-Sébastien.

    Traditionnellement, un tir est organisé autour du 20 janvier par chaque club ou compagnie pour fêter Saint Sébastien.

    Saint Sébastien est le Saint Patron des archers.

     

    A noter que Ste Christine serait morte à l'âge de 10 ans vers l'an 300, attachée à un poteau et criblée de flèches.

 

    Charles 1er  dit Charlemagne ou Charles le Grand (roi de 768 à 814) demande que ses soldats soient armés d'une lance, d'un bouclier, d'un arc avec deux cordes et douze flèches.

    Sous Charles Le Chauve ( petit fils de Charlemagne, roi des Francs de 840 à 877), l'évêque de Soissons fait le vœu de faire venir des reliques de Saint-Sébastien ( saint patron des Archers fêté le 20 janvier par chaque Club ou Compagnie ) dans son diocèse. Il charge Chevaliers et Archers armés de la Compagnie d'Arc de Soissons de cette mission. Les reliques sont rapportées aux abbayes de Saint-Médard et de Saint -Waast, ce qui est à l'origine de la "Chevalerie d'Arc".

 

      Moyen-âge

    On retrouve dans les documents de l'époque du moyen-âge 3 types d'arcs :

    • le longbow
    • l'arc "bourguignon"
    • le "turquois"

     

      Haut moyen-âge

     

    1066 La Bataille de Hastings

    Le 14 octobre 1066, le Duc Guillaume de Normandie remporte une victoire sur le roi Harold d'Angleterre à Hastings et devient donc roi d'Angleterre. Guillaume prend ainsi le titre de Conquérant. C'est la seule victoire française sur l'Angleterre.

    Cette bataille est représentée sur un fragment de la tapisserie de Bayeux.

    Les villes au XIème siècle commencent à être défendues par des petites troupes d'archers. Ces équipes doivent respecter des règles religieuses et militaires. Les troupes effectuaient un guet de nuit (ronde de nuit également faite par toutes catégories de personnes dans les villes).

 

    Les villes organisent leur défense progressivement grâce à des compagnies militaires. Au XIIème siècle, Louis VI "le gros" (1081-1137) , accorde des privilèges non négligeables comme l'exonération des taxes (taille, gabelle...). Les archers ne sont plus obligés d'effectuer le guet de nuit.

    Les archers de Louis Le Gros combattaient les Anglais à Breteuil et à Chartres. C'est sous son règne que les Compagnies s'organisent en Confréries militaires de serments et de connétables en France et sous le nom de Guildes en Pays Germanique et flamand.

    Dès le XII ème siècle dans les contrées, ces archers (arc 1.20m à 1.30m, lourd, épais, plus droit et de peu de portée et tirait une flèche de 0.70m ) apportaient un recours appréciable en temps de guerre. Pourtant ces féodaux les voyaient d’un mauvais oeil, et comme l’a écrit Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire du mobilier français, la France paya bien cher la défiance de ses Seigneurs féodaux à ces égards, et les soudoyer qu’elle enrôlait, lorsqu’il fallait entrer en lutte avec de puissants voisins, étaient loin de valoir les archers anglais, Brabaçons ou Bourguignons.

    À partir du début du XIVe siècle, le longbow est équipé d’extrémités en corne (poupées) dotées d’une échancrure où est fixée la corde. Ceci sert d’amortisseur et d’arrêt de corde et accentue la propulsion de la flèche.

Les traditions de la Chevalerie de l'Arc

Les bas instincts de violence du début du moyen-âge vont se transformer en sagesse, générosité et tolérance. Ainsi va naître la Chevalerie dont la devise principale est "Protéger et servir dans l'honneur". Des règles bien précises sont mises en place.

Au milieu du moyen-âge, la chevalerie s'impose dans les Compagnies d'arc semi-militaires, composées de gens du peuple et de bourgeois. Ainsi se met en place la chevalerie de l'arc.

Le fait d'être une Compagnie signifie déjà une adhésion aux valeurs de la Chevalerie comme la solidarité, le respect, la courtoisie et l'honneur, au contraire des club de tir à l'arc, à vocation purement sportive. Dans les Compagnies les plus traditionnelles, on respecte encore l'organisation suivante :

Le Capitaine (président) dirige la Compagnie. Il est normalement au fait des traditions de la Chevalerie d'Arc.
Le Premier Lieutenant (secrétaire), l'assiste dans ses fonctions, et assure la relation avec les archers de la Compagnie.
Le Sous-lieutenant trésorier (trésorier) gère les finances de la Compagnie. Il peut être aidé d'un assistant.
Le Censeur est responsable du respect des traditions, de l'ordre et de la discipline.

Le salut

La première tradition de chevalerie de l'arc consiste à saluer les archers présents avant de tirer sa première flèche. L'archer doit saluer de vive voix en disant "Archers, je vous salue". Les archers présents répondent par "Salut". Un archer seul se doit de néanmoins saluer. Un archer ne saluant pas à sa première flèche peut se faire reprendre par le Censeur et se faire mettre à l'amende.

Télécharger les réglements généraux de la chevalerie d'arc

 

    Au XIIème siècle, apparaît l’arc Oriental dit « arc turquois », emprunté certainement lors des premières croisades aux musulmans du Proche-Orient. Il comportait une poigné centrale et deux de ses branches avaient la forme d’une accolade.

 

      Robin des Bois

    L'existence de Robin des bois n'est pas atestée. Selon la légende, telle qu'elle est perçue aujourd'hui, Robin des Bois était un hors-la-loi vers 1190 (au début du règne de Richard 1er dit Richard Coeur de Lion). Robin, homme au grand cœur, vivait caché dans la forêt de Sherwood (comté de Nottingham) et de Barnsdale (comté de York). Habile braconnier, mais aussi défenseur des pauvres et des opprimés, il détroussait les privilégiés (nobles, fonctionnaires - par exemple, le Shérif de Nottingham et surtout le prince Jean Sans Terre) avec ses compagnons Petit Jean, Will Scarlet et le frère Tuck. Il redistribuait ensuite le butin aux victimes de la clique étatique.

    A cette époque vivaient de nombreux voleurs et hors-la-loi dont un certain Robert Hood que nous appelons aujourd'hui Robin Hood (Hood signifie capuche, s'est transformé en Wood (bois), d'où le nom Robin des bois). Little John (petit Jean) était également un de ces voleurs. Robin des Bois était le chef d'une centaines d'hommes de la terre, bien valides, très fort et excellents tireurs à l'arc. Il favorisait les pauvres et ne supportait pas qu'on touche à leur biens, il soulageait et les aidait avec les biens pris aux riches.

    Des recherches récentes dans les archives anglaises comptabilisent pas moins de huit candidats possibles à l'identité de Robin.


    Un des Robin des Bois serait mort le 24 décembre 1247, à l'age de 87 ans. Malade il se rendit au couvent des Berklies, dans le Yorkshire, afin d'avoir une saignée, mais il fut saigné à mort par les soeurs. La supérieure ordonna qu'on l'enterrât près de la grande route où il avait coutume de tendre des embuscades.
    Mais au cimetière de Kirtles une pierre tombale porte ce texte :

    Ici sous cette pierre
    Gît Robert Comte de Huntingdon
    Aucun archer ne fut aussi bon
    Et les gens l'appelaient Robin Hood
    De tels hors-la-loi comme lui et ses hommes
    L'Angleterre ne reverra jamais

    Here underneath this little stone
    Lies Robert, Earl of Huntingdon.
    Ne'er archer was as he so good
    And people called him Robin Hood.
    Such outlaws as he and his men
    Will England never see again.

    Affiche de 1922

    1938 Errol Flynn dans "Les aventures de Robin des Bois"

 

    En 1245, Saint Louis (Louis IX) fonde en l’église de Saint Jacques de l’Ospital, une confrérie de bourgeois utilisateurs de l’arbalète. Cette confrérie s’est d’abord nommée: " La Confrairie du jeu de l’Arbalette en l’honneur de Saint Denys ", puis " La Confrairie de Saint Denys aux bourgeois arbalestriers et arquebusiers de la ville de Paris", et pour finir " Compagnie Royale des chevaliers de l’arbalète et de l’arquebuse de la ville de Paris ".

    En 1260, Saint Louis publia une ordonnance par laquelle chacun était " requis de prendre exercice du noble jeu de l’arc plutôt que de fréquenter d’autres jeux dissolus " et il s’inscrivit lui-même comme membre d’une confrérie. Le tir à l’arc devint ainsi une pratique répandue dans les campagnes autour des bourgs. L'ordonnance interdit tous les jeux sauf  l'arc et l'arbalète.

 

    Le jeu du papeguay (ou papeguay ou papegault), qu'on pourrait assez justement appeler le Tournoi de la bourgeoisie, remonte au commencement du XIVème siècle. C'était un tir à l'arc, à l'arbalète ou à l'arquebuse, dont le vainqueur prenait le titre de roi. Au XVème siècle, cette coutume encouragée par les rois de France, dans le but d'engager l'élite des bons citoyens à apprendre l'exercice de l'arbalète, de l'arc et l'arquebuse, avait donné lieu à la formation dans chaque province de corporations assez puissantes, et jouissant de privilèges assez considérables.

    Au moyen-âge, papegault signifiait perroquet. L'oiseau était vert avec des pattes et un bec rouges.

    Retour du vainqueur au Jeu du Papeguay, d'après
    un  dessin du XVIIIe siècle par Mariette

     

    En 1319, le roi de France Philippe V Le Long interdit la pratique des jeux et recommande à ses sujets celle du tir à l’arc. Il faut en effet pratiquer quasi quotidiennement pour pouvoir bander efficacement les longs arcs militaires de cette époque. Les Français ne tiennent aucun compte de cet interdit royal.

     

 

    Tiré du Psautier de Geoffrey Luttrel (1325)

    1325 des archers anglais à l'entraînement. On peut voir sur cette gravure deux buttes  face à face. Les archers vont donc retirer les flèches et se retourner pour tirer dans la butte de départ. On peut remarquer que le premier archer n'a pas une position idéale pour tirer (dos courbé, épaules non alignées...).

    Un carquois est un étui à flèches. Ce mot est apparu en son état moderne en 1328. Il vient du persan "terkech", qui s'est transformé en "tarkasion" (en grec médiéval), puis en "tarchais" (en 1170) et "carcan" (en 1213).

 

      Bataille de Crécy

    Le 26 août 1346  a eut lieu la bataille de Crécy-en-Ponthieu. Les anglais sont affamés et les Français auraient dû attendre que les Anglais soient encore plus affamés avant de déclencher la bataille.

    L'armée française est une des armées féodales les plus puissantes du moyen-âge. Elle est constituée de plusieurs milliers de soldats et de  1500 chevaliers.

    Les Anglais sont situés en hauteur. Un orage vient à détendre les cordes des arbalètes françaises, limitant ainsi leur efficacité. Le sol détrempé et un soleil de face pénalise le camp français.

    Mais les anglais sont armés du célèbre Longbow. Ils font un véritable carnage dans le rang des Français en tirant six fois plus de flèches que les arbalètes françaises. La boucherie va continuer : l'armée d'Edouard III d'Angleterre va achever les chevaux et soldats au sol à la main.

 

    1356, bataille de Poitiers. Jean le Bon est fait prisonnier, et les Anglais exigent une énorme rançon de 4 millions d'écus d'or pour sa libération. Son prestige est au plus haut contrairement à celui de la noblesse française. Le roi étant captif le royaume va sombrer dans la guerre civile.

    Une patente datant du 09 août 1359 signée de Charles dauphin de France, futur Charles V, durant la captivité de son père Jean II le bon en Angleterre, confirme la confrérie tout en limitant le nombre à 200 : " ... et que le complètement ils ne sont encores le nombre de deux cenz bons Arbalestriers, que il se puissent accroitre et assembler; et aussi que se plus font, que ils se restreignent jusques audit nombre... ".

    La guerre civile est menée à Paris par Etienne Marcel, prévôt des marchands et bourgeois. La patente cherche à limiter le nombre d'armes de jet individuelles.

    On retrouve dans les archives de Bourges (celles qui n'ont pas brûlé dans l'incendie du 22 juillet 1487), dès l'acte du 2 septembre 1363, trace de la "Confrérie d'Archers".  Le duc Jean de Berry avait pris possession de ses terres en 1361.

    En 1562, la ville de Bourges est mise à sac par les Huguenots. Une partie des archives a dû disparaître à cette époque.

    C’est Charles V qui, par ordonnance de 1369, fit obligation à ses sujets de prendre « leurs jeux et esbattements à eux exercer et habileter au fait du trait d’arc ou arbaleste , és beaux lieux et places convenables à ce …. » leur interdisant sous peine, les jeux de tables , quilles, palets, soules et billes.
    Le Roi condamne donc les jeux de hasards et consacre le jeu de l’arc comme le plus important de tous les jeux, en raison, probablement, de sa valeur pour la formation morale et physique de l’individu et, probablement  aussi, en raison des services que pourraient rendre des archers entraînés, pour la défense de la cité. Le roi officialise donc les compétitions de tir à l’arc et à l’arbalète. De telles compétitions sont attestées en France dès le siècle précédent, mais leurs caractéristiques nous sont inconnues.

    Charles V formalise les règles régissant ces compagnies (fidélité, loyauté, honneur) vers 1371. Ces compagnies doivent participer au maintien de l'ordre et à la défense des cités.

    Palais Ducal de Jean de Berry à Bourges

    Vers 1375, le Duc Jean de Berry fait construire son palais à Bourges (actuellement Conseil Général et Préfecture du Cher). Un jeu d'arbalètes sera établi sous les fenêtres de ce palais jusqu'en 1580. Chacune des confréries (archers, arbalétriers, arquebusiers) avait son jardin situé hors de la ville. Ordinairement, c'était les fossés de Bourges, avec à chaque extrémité une butte de terre qui servait à porter ce qu'on appelait le pavois, c'est-à-dire la cible.

    21 décembre 1569 à Bourges : attaque manquée de la grosse tour par les protestants de Sancerre. L'emplacement de cette tour est marqué en lieu de place de la mairie actuelle par des petits pavés gris.

     

    Vers 1580, le jeu d'arc est déplacé dans le Faubourg St Ambroix, à gauche avant le pont sur l'Yvrette (près de la place Rabelais). Les textes de l'échevin Paulin en feront mention jusqu'en 1590 ou 1591.

 

    En 1637, le terrain d'entraînement était situé dans une partie des fossés de la Porte St Paul, comprise entre les deux tours (entre le bas de la rampe Marceau et de la "tour de la poudrière", boulevard Lamarq, près de la médiathèque). Déjà les archers de Charles VII  (roi de 1422 à 1461) s'entraînaient dans cette zone.

    C'est à cette époque que l'arme de guerre est devenue un "jeu d'adresse" qui a conservé ses tirs traditionnels comme le "Papegay" ou "tir de l'oiseau". A Bourges, le premier dimanche de mai, on élevait un mât soutenu de chaque côté par des cordages le plus souvent au soomet de l'une des portes de la ville. On tirait plusieurs dimanche de suite, jusqu'à ce que tous les prix et lots soient gagnés. On peut croire que la Tour de l'Oiseau, voisine de la porte Bourbonnoux servait jadis au tir du Papegaut...

    Création le 12 juin 1411 par Charles VI dit "le fou" de la Compagnie des Archers de Paris.
    En fait, cette compagnie contenait déjà 120 archers et Charles VI la reconnaît officiellement. Il faut bien comprendre que l'armée du roi avait plutôt adopté l'arbalète.

 

 

      Azincourt

    Azincourt est une des batailles de la guerre de cent ans les plus célèbres. Elle se déroule le 25 octobre 1415. Les troupes françaises de Charles VI sont 3 ou 4 fois plus nombreuses que les troupes anglais conduites par leur roi Henri V. Mais la défaite sera française, à cause des Longbow des 5000 archers anglais. Les chevaliers Français sont lourdement vêtus d'armures d'acier, et leurs chevaux également. Le terrain boueux est donc difficilement pratiquable. Le Longbow décimera donc l'armée française. On a renouvelé l'erreur de Crécy.

    Azincourt est la fin de l'ère de la chevalerie française et des armées en armures lourdes. On va ensuite privilégier les armes à distance.

 

    En cas de guerre, les rois font appel à des corps militaires mercenaires. Quand il n'y a pas de guerre, ces corps appelés les "écorcheurs" pillaient et volaient la population pour se payer.

    Charles VII va remettre de l'ordre et créer peu à peu les casernes militaires et rémunérer à l'année les soldats.

    En 1422, Charles VII emploie plusieurs milliers d’archers écossais à qui il fait entière confiance Ceux-ci se feront tuer pratiquement jusqu’au dernier le 17 aout 1424 à Verneuil en Normandie.

    Paris, la Guyenne (actuelle région d'Aquitaine-Poitou) et la Normandie sont des territoires anglais. Le duc de Bourgogne Philippe le Bon règne sur le riche territoire bourguignon. De 1422 à 1437, Bourges est la capitale de la France de Charles VII (le royaume de Bourges). Charles VII est appelé "le petit roi de Bourges".  Les archers du roi s'entraînent tout près de l'actuel Parc St Paul à Bourges.

A noter que l'armée qui escorte le roi a été formée à Bourges, sans doute dans les rues dites de "la Grosse armée et de la Petite armée".

Charles VII forme en 1440 une compagnie écossaise d'archers à cheval pour sa garde personnelle : les Archers du Roy.

1445, la compagnie créée en 1422 est sous le commandement de Jean Stuart d'Aubigny-sur-Nère.

Le 28 avril 1448, dans une ordonnance créée à Montés-Les-Tours, Charles VII (1403-1461) crée le corps des francs-archers (ainsi appelé grâce aux franchises d'impôts). "En chaque paroisse de notre dit royaume, il y aura un archer qui se tiendra continuellement en habillement suffisant et armé de salade, dague, épée, arc, trousse et jaques ou huques de brigandines...". On se retrouve avec un corps d'environ 8000 combattants.

 

Les archers de ces compagnies sont exempts de la taille (impôt). Et ce sont les villes qui choisissent et rémunèrent ces archers de 4 francs par mois. Ils avaient l'obligation de s'entraîner et d'entretenir leurs armes chaque semaine. Chaque ville, à l'appel du roi devait fournir un nombre d'archers proportionnel à sa population. Le carquois devait contenir 18 flèches. Mais ce corps était principalement composé de nobles, bourgeois attirés par l'exemption d'impôt, parfois incapables de manier un arc.

 

    Engagés dès l'âge de 14 ans dans les milices urbaines, les jeunes garçons sont astreints à la garde des murailles et à un entraînement militaire qui se déroule hors des murs des villes.

    Exercices de tir à l'arc

    Livre des merveilles du monde, France, fin du XVe siècle

    Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 22971, fol. 9v.

 

    Cette institution des francs-archers fut supprimée par Louis XI (né à Bourges en 1423, mort en 1483).

    Ce fils de Charles VII la supprime en 1480, suite aux mauvais résultats obtenus par ces archers "amateurs". Il les remplace par des suisses armés de piques et de hallebardes.

 

      Guillaume Tell

    Guillaume Tell est un héros légendaire suisse. Son existence n'est pas avérée mais il aurait vécu au début du XIVème siècle. C'était un mercenaire expert dans le maniement de l'arbalète.

    Un gouverneur autrichien, Hermann Gessler, nouvellement nommé en tant que bailli, érigea un poteau sur la place centrale du village d'Altdorf et y accrocha son chapeau, dans le but d'obliger tous les habitants à se courber devant son couvre-chef, afin de mettre à l'épreuve la loyauté de la population. Or, Guillaume Tell passa un jour avec son fils devant le poteau coiffé sans accomplir la procédure exigée ; arrêté, il continua à refuser d'accomplir ce geste obligatoire.

    Le bailli Gessler lui ordonna, sous peine de mise à mort, de percer d'une flèche une pomme posée sur la tête de son fils, à l'aide de son arbalète.

    Guillaume Tell réussit son exploit et coupa le fruit dès son premier carreau sans toucher l'enfant. Mais il dit au bailli que s'il avait tué son fils dans cette tentative, il aurait immédiatement tiré une seconde flèche sur lui. Ce commentaire insolent enragea Gessler qui fit arrêter et jeter Guillaume Tell en prison sur le champ. Celui-ci jura de se venger. Le bailli partit ensuite en navire pour l'Autriche avec le prisonnier, qui s'évada et le tua.

    Charles VIII (1470-1498), le Lion de la dynastie des Valois rétablit les Francs-Archers..

    Lart darcherie. Vers 1490, le premier livre connu en langue française sur l'archerie est publié.

      Mary-Rose

    Quelques exemplaires d'arcs médiévaux ont été retrouvés dans l'embouchure de la Tamise en 1965. C'était une cargaison de bois d'if et d'ébauches de 138 arcs de type longbow, et plus de 3500 flèches, sur la Mary-Rose, naufragée en 1545.

    Pour en savoir plus.

    Pour en savoir plus

 

      Temps modernes - Renaissance

    Les armes à feu vont faire que les combattants vont être de plus en plus distants à chaque bataille. Ainsi, l'arc va progressivement être remplacé par la grande arbalète à moufle et l'arquebuse pour leurs puissances supérieures.

    En 1523 est constituée une compagnie de cent arquebusiers.

    L'histoire va donc se répéter : quand un archer anglais tire 6 flèches, l'arquebusier n'aura le temps de réarmer qu'une seule fois.

    Sous le règne de François 1er (1515 à 1547), l'arc et l'arbalète sont délaissées pour la javeline de barde (arme de jet, plus mince et plus légère qu'un javelot ; elle était formée d'une hampe mince et d'une pointe de fer longue et acérée).

    Le 24 décembre 1535, il supprime définitivement les Francs-Archers tout en maintenant les Compagnies. C'est celui-ci qui adopta les armes à feu dans les armées en guerre. Les confréries des archers conservèrent l'entraînement au tir  avec le même cérémonial de présentation, convocations limitées par les moyens de transport à pied, à cheval ou en voiture, dans un rayon 40 km (10 lieues.). C'est à l'origine des Rondes, desquelles se font ces échanges de fleurs que sont les Bouquets Provinciaux.

 

    1544, Toxophilus est un ouvrage  par Roger Ascham sur le tir à l’arc. Roger Ascham l’écrivit non pas en latin comme il était d’usage, mais en anglais ‘’moderne’’ pour le rendre accessible à tous.

    En 1566, les archers sont équipés de pistolets et d'arquebuses.

    Vers 1640, les Compagnies d'archers sont mélangées auc compagnies d'arquebusiers et d'arbalétriers.

    Le terme d'"archers" s'étend au début du 17ème siècle aux trois compagnies d'arbalétriers, d'archers et d'arquebusiers.

    Réduits à cent depuis 1566, les archers furent alignés sur les effectifs des compagnies d'infanterie française en 1769 et ramenés à soixante-quinze hommes.

    A Bourges, on voit disparaître la confrérie vers 1760 : elle n'avait pu se renouveler et depuis longtemps elle faisait d'ailleurs triste figure...et pourtant...

    La disparition des compagnies d'archers à Bourges n'était pas définitive.

 

 

      Révolution française

    Les Compagnies d'Arc d'arbalétriers et d'arquebusiers sont dissoutes et intégrées dans la Garde Nationale par décret de la convention à la révolution française de 1789. Comme elles étaient rattachées à l'armée royale, certains de leurs capitaines seront exécutés ou emprisonnés.

    L'assemblée législative décida, par le décret du 13 juin 1790, la dissolution des uniformes, insignes et transfert des étendards. On note que la plupart des étendards des Compagnies étaient brodés d'un Saint-Sébastien et étaient affiliés à une confrérie à caractère religieux. C'est pour cette raison, à la révolution, que les Compagnies parurent suspectes.

    La Garde Nationale sera dispersée le 10 mai 1792 entre la Gendarmerie des Tribunaux et les nouvelles Compagnies de Gendarmerie à pied.

    A partir de 1793, les Compagnies peuvent se reformer. Elles se reforment rapidement dans le nord de la France, et en Ile de France. On en gardera aujourd'hui les traditions du tir Beursault et le tir à la perche.

 

 

      XIXème siècle

    Vers 1800, toutes les compagnies se reforment avec un plus grand nombre d'archers dans certains départements qu'avant la révolution.

    Vers 1850, les compagnies se regroupent en familles.

    Napoléon III autorisa la Compagnie de Paris à prendre le titre de "Compagnie Impériale de l’Arc" le 6 aout 1853.

    L'encoche est placée au niveau du menton, dès le milieu du XIXème siècle. On constate une meilleure visée. C'est un britannique, Horace A. Ford dans son ouvrage "Archery: Its Theory and Practice" qui en 1856 décrit cette technique, meilleure que l'alignement de la flèche vers l'oreille.

    De nouveaux statuts sont adoptés en 1863 pour les compagnies, sous la responsabilité du Docteur Denonvilliers de la Compagnie Impériale de Paris, suivant ainsi l'évolution de la société civile. On y supprime totalement toutes les références religieuses et en se rapprochant de structures de compagnonnage.

    A la fin du XIXème siècle, Paris compte environ 200 compagnies.

    1892, Pierre de Coubertin annonce un soir d'hiver le rétablissement des jeux du mont Olympe en Grèce. Et le 23 juin 1894, il créé le Comité International Olympique au cours d'une cérémonie à l'Université de la Sorbonne, à Paris. Deux ans plus tard, les premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne se tenaient symboliquement à Athènes. A cette occasion, Coubertin était élu Président du CIO.

 

 

      XXème siècle

 

    1900

    Premières épreuves de tir à l'arc aux jeux olympiques d'été de Paris. L'arc sera présent à plusieurs reprises aux jeux olympiques jusqu'en 1920.

    5 254 archers dont 200 étrangers ont tiré du 28 mai au 20 août 1900 sur la pelouse de l'ancien vélodrome de Vincennes.

    1901

    La loi des associations de 1901 interdit toute référence religieuse ou politique. Les traditions liées à la chevalerie dans les compagnies sont donc  supprimées ou modifiées.

    1908

    Tir à l'arc féminin au Jeux Olympiques de Londres de 1908

     

    1928

    La FFTA (Fédération Française de Tir à l'Arc) naît en 1928. Le tir à l'arc devient un sport olympique. Le nombre de licenciés va augmenter avec une orientation marquée vers la compétition et une diminution des valeurs de la chevalerie. Des clubs de tir à l'arc sont créés à la place des compagnies d'autrefois.

    1931

    Un inventeur américain met au point les branches rectangulaire. Il constate une meilleure efficacité que les branches à section en "D" de type Longbow. Les arcs de compétition vont adopter ces branches vers la fin des années 30.

    Le 04 septembre 1931, une assemblée, composée des Etats-Unis, France, Grande -Bretagne, Hongrie, Italie, Pologne et Tchécoslovaquie, fonde la FITA ( Fédération Internationale de Tir à l'Arc).

    Années 50

    Utilisation de branches moitié fibre de verre, moitié bois au début des années 50.

    Le clicker sera développé vers 1957-58 par l'archer américain Fred Leder. Le fils de Fred, Jim Leder gagnera 5 titres nationaux en catégorie junior avec ce clicker. Le constructeur Hoyt Archery lui rachètera le brevet au début des années 60.

     

    Années 60

    La Chevalerie d'arc disparaît peu à peu dans les années 1960, même dans les Compagnies.

    Le berger button fait son apparition avec l'archer Vic Berger qui lui donnera son nom. Mais il fut inventé par Norman Pint au tout début des années 60.

    En 1960, à l’ombre de la cathédrale, au cœur médiéval de BOURGES, un archer brûlait de réveiller le passé, Bruno de LAMMERVILLE, fit renaître à BOURGES une compagnie de Francs Archers qui commença à tirer comme ses ancêtres dans l’enceinte du parc Saint PAUL.

    En 1961, Monsieur Bruno de Lammerville créé la 1ère Compagnie des Francs Archers, siège social 28, rue des cordeliers, à BOURGES. Ses six membres fondateurs :

    Bruno de LAMMERVILLE, Jean-François BROSSARD, René ROBERT, Dr PEIGNAULT, L. FOURNIER, Alain TETE.

    C'est au journal officiel du 30 octobre 1961 que l'acte de naissance de la 1ère Compagnie d'archers de Bourges vit le jour.

    1972

    Le tir à l'arc devient sport olympique (après une absence de 50 ans aux jeux). Le constructeur américain Hoyt sort un arc démontable le Hoyt TD1 (seulement 10 exemplaires réservés à des archers...américains). Doreen Wilbur et John William deviennent champions olympiques avec cet arc.

    1975 Darrel Pace devient champion du monde en utilisant un V-bar et une corde au Kevlar
    1976

    Darrell Pace utilise une palette avec méplat et des branches carbone/bois  et devient champion olympique avec un arc de 49 livres.

    (en savoir plus sur Darrell Pace)

    1977 Première utilisation d'une extension de V-bar (Richard McKinney)
    1983 Premières flèches en Aluminium/Carbone A/C faites par Easton
    1986 Premières cordes en Fast Flight
    1992

    Le français Sebastien Flute devient champion olympique à 70 mètre le 3 aout 1992, aux Jeux Olympiques de Barcelone avec un arc de 45 livres.

 

 

 

 

 

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