Abat oiseau

Cet article est destiné tout particulièrement aux archers débutants qui ne connaissent pas cette pratique. Il va permettre je pense de lever une certaine appréhension de cette pratique qui reste assez ludique.

Il faut tout d'abord bien faire la distinction entre un club de tir à l'arc et une Compagnie. Toutes les deux sont régies par la loi 1901 mais comportent quelques petites différences. La Compagnie reste fidèle aux traditions de la chevalerie. Elle possède ses habitudes comme le salut, le respect de St Sébastien, saint patron des archers autour du 20 janvier et l'abat oiseau.

Appelé aussi tir à l'oiseau ou jeu du papegay signifiant perroquet, l'oiseau étant vert au moyen-âge. Cette pratique est aussi appelée Tir du Roy, ou bien encore tir au papegay.

Au début, l'oiseau était vivant, sans doute une survivance de la chasse, mais il fut vite remplacé par un oiseau de carton ou de bois (environ 5 x 3 cm).

Certains pratiquent l'abat oiseau à la perche. La cible étant placée sur un mat de 10 à 20 mètres de haut. A St Malo, c'est parfois sur le mat d'un bateau.

Le tir commence par un salut à tous les archers : "Archers, je vous salue".

Puis chaque archer tire 1 flèche à 50 mètres.

Celui qui abat l'oiseau est déclaré Roy de la Compagnie. Un Roy qui abat l'oiseau 3 années de suite est déclaré Empereur à vie. Selon la tradition, le roi doit construire lui même l'oiseau pour le concours de l'année suivante.

Les jeunes archers (moins de 16 ans, catégories poussins, benjamins, cadets et minimes) qui ont touché l'oiseau sont déclarés Roitelets. Ils tirent à une distance de 30 mètres.

Ce tir est pratiqué dans notre Compagnie vers la fin mars/début avril.

 

L'abat oiseau date du moyen-âge bien que des textes de la période de l'illiade d'Homère (VIIIème siècle avant JC) dans la grèce antique relatent cette manifestation qui permettait de déterminer le meilleur archer.

Au moyen-âge, l'empereur était exempt d'impôts pour l'année. C'était une sorte de reconnaissance de la ville pour les actions de défenses des archers. Les compagnies à l'époque ne vivaient que sur les fonds propres de leurs archers. Cette pratique portait le nom de jeu du papegay, et reste très ancrée aujourd'hui dans le nord de la France et en Belgique.

L'origine du mot nous vient probablement :

  • du provençal : papagai, papagaye
  • du catalan: papagall
  • de l'espagnol: papagaye
  • du portugais: papaguio
  • de l'italien: papagallo
  • de l'arabe: babbaga, signifiant perroquet
  • du flamand : papegen signifie perroquet

 

Au début du siècle, on tirait aux distances de 30 et 32 mètres. Ces distances nous viennent encore du moyen-âge où l'en s'entraînait dans les douves des châteaux qui mesuraient ces distances en largeur. Puis est venue la distance de 50 mètres.

Aujourd'hui, l'abat oiseau est une épreuve annuelle pour les compagnies, fixée selon les régions du dimanche de la mi-carême ou au premier dimanche du mois de mai.

 

 

L'oiseau est composé d'un morceau de bois de 5 cm de hauteur sur 2,5 cm de largeur. Il est fixé au centre de la carte.

Lorsqu'il est touché par une flèche, un bruit inhabituel se fait entendre. Le morceau de bois doit être touché et non frôlé. Le tir dans la queue ou dans les ailes ne compte pas.

 

Traditionnellement, on tire dans un jardin d'arc. Bourges 1ère n'en possède pas. Deux cibles sont face à face et on doit tirer tantôt sur la première, tantôt sur la seconde. Il y a 40 flèches soit 20 aller-retours (appelés haltes). Pour des raisons de sécurité, nous allons tirer au terrain Bruno de Lammerville sur une seule cible.

On porte traditionnellement un chapeau.

S'il est original, c'est un plus. Certains archers de Bourges 1ère ont beaucoup d'imagination pour la confection de ces couvre-chefs.

Les archers qui ont tiré sur l'oiseau l'année passée doivent porter leurs écharpes.

 

Une minute de silence est pratiquée à la mémoire des archers et amis disparus.

On dévoile les nouveaux oiseaux fabriqués par le Roy actuel. Cette année, c'est Patrick Béguin qui va nous les offrir.

Un ordre de tir est établi. Selon la compagnie, c'est soir un tirage au sort qui est effectué (c'est le cas à Bourges 1ère), soit dans un ordre prédéfini : l'Empereur (si il y en a un), le Roi, le Capitaine, les Officiers, les Chevaliers par ordre d'ancienneté de réception, les archers par ordre d'ancienneté dans la compagnie.

A Bourges 1ère, l'oiseau est fixé sur un blason Beursault.

Le traditionnel salut : "Archers, je vous salue" est prononcé par les archers.

Le tir peut commencer. On tire une seule flèche à la fois.

Dès qu'un oiseau est touché (on l'entend par un bruit d'impact inhabituel), le tir s'arrête et le Capitaine (Président) va vérifier l'impact avec un Officier (membre du bureau en général, secrétaire par exemple).

Un trophée est remis aux archers ayant touché l'oiseau (écharpe mais ce peut être une timbale, une médaille ou autre chose).

Le pot de l'amitié est offert à tous les archers par la 1ère Compagnie d'Archers de Bourges.

Rendez-vous le 27 mars 2010 au terrain Bruno de Lammerville (face au stade Rimbault, chemin des grosses plantes).

 

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